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La ligne de train Montréjeau - Luchon : le PS déraille en pleine campagne !

25 novembre 2015

Lors de la dernière assemblée plénière du mandat au Conseil Régional, le mardi 3 novembre, je suis intervenu au nom du groupe Europe Écologie et du Front de Gauche :

« Monsieur le Président, Mes chers collègues, Nous présentons un amendement à la Décision Modificative (DM) au budget sur la ligne de train Montréjeau-Luchon. Je pense inutile de vous rappeler la problématique de la ligne Montréjeau-Luchon, fermée depuis un an. Inutile aussi de vous présenter Luchon, Grand Site Midi-Pyrénées, avec notamment ses remarquables installations thermales et sa station de ski réputée, ou des générations et des générations de midi-pyrénéens et au delà jusqu’à Paris sont venu skier en train. Luchon est en effet l’une des rares stations pyrénéennes où l’on peut se rendre par le rail s’inscrivant ainsi dans la politique régional « Skirail ». C’est dire si le train est indissociable de Luchon, de sa prospérité et de son avenir.

Vous le savez aussi, le Comminges prépare - avec le soutien de la Région - un dossier de candidature pour créer sur ce territoire un Parc Naturel Régional qui vous sera présenté dans les prochaines semaines. Luchon en sera au cœur. N’affaiblissons pas aujourd’hui un territoire que nous souhaitons protéger et développer dès demain.

Une présentation du coût des différents scénarios sur l’avenir de la ligne Montréjeau-Luchon a eu lieu le 13 octobre dernier. Voilà presque 1 an que la circulation des trains est suspendue sur cette ligne : le temps n’est donc plus aux hésitations ou aux promesses… mais aux décisions !

Le scénario 1 qui prévoit la rénovation complète de la ligne a notre préférence. Cette rénovation est évaluée à 54 Millions d’euros. Notre collectivité doit donc s’engager sans délai en faveur de ce scénario et prévoir d’ores et déjà les financements.

Dès lors, Monsieur le Président, notre groupe propose d’inclure dans la DM 2 une dépense en AP de 27 Millions d’euros (soit 50% du montant des travaux). Si l’un des partenaires était amené à faire défaut, nous pourrions envisager d’augmenter la participation de notre collectivité à hauteur de 55% comme nous l’avons fait dans le cadre de certaines opérations du Plan Rail.

Notre collectivité dispose des ressources nécessaires pour financer cet investissement, comme c’est le cas d’ailleurs pour d’autres investissements moins pourtant urgents prévus dans cette DM.

Nous travaillons souvent ici à l’aménagement équilibré du territoire, notamment dans la commission que j’ai l’honneur de présider, nous parlons de solidarités, de développement des trains du quotidien… Profitons aujourd’hui du bonheur qui est le nôtre d’être une dernière fois réunis ensemble pour traduire dans les actes les valeurs qui nous sont chères.

C’est pourquoi je vous propose d’ajouter dans la partie « Les transports, l’aménagement et la solidarité », la phrase suivante :

« Pour ce qui concerne le devenir de la ligne Montréjeau-Luchon, la Région Midi-Pyrénées prend position pour le scénario 1 (Rénovation complète de la ligne) et inscrit donc une Autorisation de Programme de 27 M€ afin de co-financer cet investissement à hauteur de 50% de son montant. »

Je vous remercie.

A la grande surprise de l’assemblée, et malgré tous les engagements qui avait été donnés lors des réunions publiques organisées pour sauver cette ligne, le PS devait alors réagir négativement, prétextant qu’il n’y avait ni besoin, ni urgence et de voter unanimement contre avec l’UMP !

Quelques heures plus tard, je reprenais la parole en proposant cette fois un vœu, toujours au nom des groupes Europe Ecologie et Front de Gauche :

« Le 13 octobre dernier a été présenté à Montréjeau le coût des 3 scénarios concernant l’avenir de la ligne Montréjeau-Luchon fermée depuis le 17 novembre 2014. Ces 3 scénarios avaient été dégagés par le Comité de pilotage en Juin 2015 :

- Scénario 1 : La rénovation complète de la ligne électrifiée avec le Paris-Luchon préservé et le fret éventuellement relancé,
- Scénario 2 : La rénovation du ballast mais pas de la caténaire, avec passage au diesel, signant la fin du Paris-Luchon,
- Scénario 3 : La suppression de la voie ferrée et le développement du transport en autocar.

Lors de cette présentation, il a donc été précisé que le 1er scénario était évalué à 54 millions d’euros et le second à 34 millions d’euros. L’étude a également démontré que dans le cas du 1er et du second scénario, le trafic voyageur serait à l’horizon 2018 de 185 voyageurs par jour en moyenne, contre 105 avant la suspension de la ligne.

Cette ligne est indispensable au dynamisme et au développement notamment touristique du Comminges. Nous ne saurions accepter sa fermeture définitive pour y substituer des autocars. Nous devons maintenir cette ligne, tout comme d’autres menacées de fermeture sur notre Région. Il est donc important et urgent de lancer les travaux permettant la rénovation complète de la ligne. Vous l’aurez compris, c’est donc le 1er scénario qui doit avoir la préférence de notre collectivité.

Lors de cette présentation, le Sous-Préfet a précisé que la prise de décision ne serait pas immédiate et qu’il convenait d’affiner les études. Cela fait bientôt un an que la circulation des trains est suspendue sur cette ligne. Repousser les décisions, c’est repousser les travaux et repousser une réouverture de cette ligne indispensable pour le quotidien des habitant-es et des professionnels du tourisme de ce territoire. Ils et elles ont déjà trop attendu.

Notre collectivité souhaite la réouverture de cette ligne. Par conséquent, nous pensons important aujourd’hui d’exprimer notre souhait de voir les travaux lancés dès le début de l’année 2016. Notre collectivité doit annoncer d’ores et déjà qu’elle choisit le scénario 1 et qu’elle prévoit les sommes afférentes. De plus, l’Etat et la SNCF doivent aussi faire ce choix et dégager les moyens nécessaires à la rénovation entière de cette ligne.

Les élu-e-s régionaux de Midi-Pyrénées, réuni-e-s ce jour en Assemblée Plénière, demandent au gouvernement et à la SNCF :
- de valider dès maintenant le scénario 1 ;
- de prévoir les financements afférents permettant le lancement des travaux dès le début de l’année 2016. »

Là encore, au terme d’une argumentation incohérente et désordonnée, le PS devait s’opposer à ce vœu et voter contre. Errare humanum est, perseverare diabolicum.